3 - L’argent entre, mais il ne reste rien : ce que vivent beaucoup de dirigeants
- Sylvie HBS

- 1 janv.
- 5 min de lecture
« Je travaille, je facture… et pourtant, à la fin du mois, je ne sais pas vraiment où est passé l’argent. » Cette phrase, beaucoup de dirigeants de TPE, d’indépendants et d’entrepreneurs la prononcent un jour, parfois à voix basse, parfois avec lassitude. L’activité est là. Les clients aussi. Les factures sortent régulièrement. Et pourtant, il reste cette impression tenace : l’argent circule, mais ne s’accumule pas. Il entre… puis disparaît.
Si cette situation te parle, prenons le temps de la regarder calmement. Sans jugement. Sans culpabilité. Parce que ce que tu vis est extrêmement fréquent — et rarement expliqué simplement.

Une situation plus courante qu’on ne l’imagine
Dans beaucoup de petites entreprises, l’argent ne manque pas vraiment. Ce qui manque, c’est la sensation de stabilité.
Les dirigeants décrivent souvent la même chose :
des mois corrects, parfois très bons,
suivis de périodes plus tendues,
une impression de toujours « rattraper » quelque chose.
Ils ne sont pas en difficulté ouverte. Mais ils ne sont pas sereins non plus.
Et cela crée une fatigue particulière, différente du simple manque d’argent :la fatigue de ne pas comprendre.
Ce n’est pas un problème de compétence
Il est important de le dire clairement : ce vécu n’a rien à voir avec un manque de sérieux ou de capacité.
La plupart des dirigeants concernés sont :
engagés,
consciencieux,
attentifs à leurs clients,
capables de gérer des situations complexes dans leur métier.
Mais la gestion de l’argent dans une TPE ne fonctionne pas comme dans un cadre salarié. Elle demande des repères spécifiques… que beaucoup n’ont jamais reçus.
On peut donc très bien être compétent, investi, organisé…et se sentir démuni face à cette question simple mais dérangeante :« Pourquoi ça ne reste pas ? »
Le mécanisme est souvent invisible… mais logique
Dans une petite structure, l’argent a tendance à jouer plusieurs rôles en même temps.
Il sert à :
faire tourner l’activité,
absorber les imprévus,
compenser les périodes creuses,
parfois soutenir le foyer personnel.
Tout cela sans séparation claire.
Résultat : l’argent devient une sorte de flux continu, sans étapes bien identifiées. On paie ce qu’il faut payer. On avance. On s’adapte. Mais on ne voit plus ce qui relève :
de l’activité elle-même,
des charges normales,
des ajustements ponctuels,
ou de ce qui sert simplement à « tenir ».
Sans cette distinction, il est très difficile de comprendre pourquoi rien ne reste.
Quand l’argent compense au lieu de structurer
Dans beaucoup de TPE, l’argent est utilisé comme un amortisseur permanent.
Un mois un peu plus faible ? On se dit que ça ira mieux le mois suivant.
Une dépense imprévue ? On pioche dans ce qui est là.
Une période de doute ? On travaille plus pour compenser.
Ce fonctionnement permet de survivre, parfois longtemps. Mais il empêche de construire. L’argent n’a plus de rôle clair. Il sert à tout… donc à rien de précis. Et cette absence de rôle défini empêche toute sensation de « reste ».
« Pourtant, je ne fais pas n’importe quoi »
C’est souvent ce que disent les dirigeants. Et ils ont raison. Ils ne dépensent pas de façon inconsidérée. Ils ne prennent pas de décisions absurdes. Ils font « au mieux », avec les informations dont ils disposent. Le problème n’est pas le comportement. Le problème, c’est le manque de repères simples pour lire ce qui se passe. Sans repères, chaque euro a la même valeur émotionnelle :
il rassure quand il arrive,
il inquiète quand il part.
Et cette alternance permanente use énormément.
Une confusion fréquente : activité ≠ stabilité
Beaucoup de dirigeants associent inconsciemment deux choses :
« mon activité fonctionne »,
« donc ma situation est solide ».
Mais dans la réalité, les deux ne sont pas toujours alignés. On peut avoir :
une activité intense,
un agenda plein,
des factures régulières,
sans pour autant construire une base stable. Quand cette distinction n’est pas claire, l’incompréhension s’installe :
« Je fais tout ce qu’il faut… pourquoi ça ne se voit pas ? »
Ce que cela génère au quotidien
Cette situation a des effets très concrets :
hésiter avant chaque dépense, même nécessaire,
repousser certaines décisions importantes,
se sentir tendu à l’approche des échéances,
éviter de regarder certains relevés « par manque d’énergie ».
Ce n’est pas un refus de gérer. C’est souvent une forme de protection mentale. Quand on ne comprend pas, on préfère parfois ne pas regarder.
Une réalité largement partagée, rarement nommée
Ce que vivent ces dirigeants est rarement mis en mots. Parce que :
parler d’argent reste délicat,
admettre qu’on ne comprend pas donne l’impression de « mal faire »,
beaucoup pensent être les seuls dans ce cas.
Or, cette situation est presque structurelle dans les petites entreprises. Elle n’est ni honteuse, ni exceptionnelle.
Elle est le résultat d’un système où l’on apprend à produire…mais rarement à lire ce que l’argent raconte.
Ce qui change quand on apporte de la clarté
La bonne nouvelle, c’est que la situation peut évoluer sans tout bouleverser. Quand un dirigeant commence à poser quelques repères simples, plusieurs choses changent :
l’argent n’est plus perçu comme insaisissable,
les décisions deviennent moins émotionnelles,
certaines dépenses cessent d’être anxiogènes,
le sentiment de subir diminue.
Il ne s’agit pas de faire « plus ».Il s’agit de comprendre mieux. Même une clarté partielle peut déjà soulager énormément.
Comprendre ne veut pas dire tout contrôler
Beaucoup craignent que chercher de la clarté signifie :
devenir obsédé par les chiffres,
passer des heures à analyser,
perdre en spontanéité.
Dans la réalité, c’est souvent l’inverse. La clarté permet de :
arrêter de tout porter en permanence,
savoir ce qui compte vraiment,
laisser de côté ce qui n’est pas prioritaire.
Elle crée de l’espace mental.
Un cadre plutôt qu’une performance
Ce qui manque le plus dans ces situations, ce n’est pas de la discipline. C’est un cadre. Un cadre qui aide à :
comprendre ce qui se passe,
relier l’activité à la réalité vécue,
donner un rôle à l’argent.
Un cadre ne juge pas. Il soutient. Et ce soutien change profondément la relation à l’argent.
Un point d’appui possible
C’est dans cet esprit qu’a été conçu l’ebook
Non pas comme une solution miracle. Mais comme un point d’appui. Un support pour ceux qui vivent ce décalage :
entre l’argent qui entre,
et la sérénité qui ne s’installe pas.
Un outil pour poser des repères, progressivement, à son rythme.Sans jargon.Sans pression.
Pour conclure
Si l’argent entre mais ne reste pas, ce n’est pas forcément parce que quelque chose « ne va pas ». C’est souvent parce que rien n’a encore été clairement nommé. Le flou fatigue plus que la difficulté elle-même. Et lever ce flou, même partiellement, peut déjà transformer le quotidien. Il ne s’agit pas de devenir expert. Il s’agit de ne plus avancer à l’aveugle. Et parfois, cette simple compréhension suffit à redonner de l’air.



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